Entrevue avec Félix Forrest Facialiste

Originaire de Jonquière au Saguenay mais maintenant établi dans le grand Montréal, nous sommes dernièrement tombés sous le charme de Félix Forrest esthéticien et créateur de sa propre gamme de produits Beauté Universelle. Sacré grand gagnant dans la catégorie meilleure nouvelle marque canadienne dans le cadre des prix de l’innovation LNE Canada nous lui avons posé quelques questions afin de vous le faire découvrir.

Entrevue avec Félix Forrest Facialiste

D’où vous vient votre amour pour les soins visage et l’esthétique ?
L’amour du métier m’a été inculqué en quelque sorte par ma grande tante, Françoise Forrest. Une esthéticienne chevronnée et surtout une femme d’une élégance folle. Ma tante a étudié chez Mme Serei ainsi qu’à Paris avant d’ouvrir son propre studio d’esthétique. Elle a toujours eu le souci d’être bien mise, de bien faire. Encore aujourd’hui, à 80 ans, elle représente la profession à mes yeux, autant par sa beauté physique et intérieure, que par sa générosité et son amour
de l’autre.

Quelle formation avez-vous ?
Ayant été si inspiré par ma tante, j’ai suivi les formations en esthétique de l’Académie Édith Serei. Ensuite, chaque année je me suis perfectionné dans divers cours au sein des marques pour lesquelles j’ai travaillé ou de mon propre chef. Je prends part à une ou plusieurs formations selon le temps dont je dispose. C’est tellement important et stimulant. La pandémie m’ayant laissé beaucoup de temps, j’ai pris part à la formation de Florence Barrett Hill, advanced skin analysis donnée à partir de Nouvelle-Zélande au début 2020. Je termine actuellement une formation en morpho-lympho drainage pour le visage et le corps et je complète avec un immense bonheur la nouvelle formation de cosmétologie en ligne de l’académie Édith Serei

En quoi consiste le métier de facialiste ? Pourquoi ce terme plutôt qu’esthéticien ?
Le terme facialiste est utilisé beaucoup en Europe et aux États-Unis. La base en esthétique est la même, c’est seulement que je me suis tourné vers tout ce qui touche le visage, le cou et le décolleté qui était ma vraie passion. Je me suis rapidement senti appelé par le soin du visage. J’ai donc laissé de côté les épilations, la manucurie et les soins du corps dans ma pratique.

Une personne qui vous inspire ?
Lorsque j’ai vu le documentaire Lise Watier : une vie à entreprendre, j’ai eu un coup de cœur pour cette femme si humaine et résiliente. Ses grandes réussites et certains revers n’ont jamais su faire pâlir l’importance de ses rêves et de ses ambitions. Je trouve tellement beau que cette femme malgré son immense succès n’ait jamais pensé une seconde qu’elle était arrivée. Tout était toujours à bâtir.

Vous avez travaillé avec de grandes maisons/marques, qu’est-ce que vous avez retiré de ces expériences ?
De la rigueur et de la discipline. Ces marques prestigieuses qui sont devenues des monstres sacrés de la beauté ne vous gardent pas si vous n’êtes pas dédié à leurs objectifs. Il faut essayer d’être à la hauteur de leur réputation chaque jour, les bons comme les mauvais. Il faut être soigné, comprendre que c’est souvent un patrimoine et une histoire centenaire que l’on communique à leurs clientes et que certains de leurs produits se sont hissés au rang de chef d’œuvres de la cosmétique.

Leurs exigences élevées furent extrêmement formatrices pour comprendre qu’on a un nom, juste un, et que chaque décision, même la plus petite, peut avoir une incidence positive ou dévastatrice sur ce nom qu’on essaie de créer ou de maintenir au top.

Comment faites-vous votre place en tant qu’homme dans un domaine de femmes ?
Tout ça s’est fait si naturellement. Je pense que dans les domaines reliés à la beauté, les clientes aiment travailler avec les hommes. Pour ma part, je n’ai pas eu à faire ma place. J’ai senti dès le départ que j’étais bien accueilli dans ce monde tellement extraordinaire. J’ai commencé à travailler pour Dior à Chicoutimi à 16 ans. Je crois que les appréhensions de mes patrons, de mes collègues ou de mes clientes ne venaient pas du fait d’être un gars, mais surtout d’être si jeune. J’ai dû
travailler dur et faire mes preuves, démontrer du sérieux, de l’assurance et surtout remplir les objectifs demandés.

Qui s’occupe de votre peau ?
Je confie mon visage aux bons soins d’Alexandra Lajeunesse au Saguenay depuis de nombreuses années. Une esthéticienne de talent qui fait surtout du maquillage permanent maintenant. Je lui suis d’une immense fidélité. Je vais la voir là-bas et elle me visite à Montréal. Au fil du temps elle est devenue une mentore précieuse, un modèle de discipline et de rigueur professionnelle, mais surtout une amie.

Vous êtes celui qui s’occupe de la peau de Michèle Richard, racontez-nous comment vous êtes devenu si proche d’elle.
C’est une histoire un peu magique. En 2001, mon père qui était très ami avec un promoteur de festival de musique au Saguenay me demande tout bonnement si j’accepte de prendre soin d’un chien quelques heures le soir même, pendant un concert. C’était Poppy, le beau labrador noir de Michèle.

En la rencontrant, du haut de mes 12 ans, j’avais été frappé par sa gentillesse et sa générosité. Pendant plusieurs années, elle m’a envoyé une carte de Noël. C’est dire à quel point le cœur de cette femme est immense. 18 ans plus tard, en 2019 j’ai revu Michèle et lui ai raconté cette histoire. Elle se souvenait exactement de tout ceci malgré le nombre de gens qu’elle rencontre. Je me suis permis de l’inviter dans mon studio pour un traitement et depuis nous travaillons ensemble une fois par mois et lors de projets spéciaux qui lui tiennent à cœur. Je dis souvent en riant que travailler avec Michèle ce n’est pas du travail. Elle a une peau d’une qualité inouïe et extrêmement réceptive.

Avez-vous des produits chouchous dont vous ne vous passerez plus ?
• L’Eau du Soir de Sisley : Je suis fidèle à mon parfum depuis une quinzaine d’années. C’est une véritable seconde peau pour moi. Ce petit flocon à une place de choix dans ma salle de bain.
• Lingerie de Peau chez Guerlain : Je ne porte du fond de teint que très rarement, seulement pour une séance photo ou une entrevue et j’aime celui-ci puisqu’il est imperceptible et lumineux.
• Les taies d’oreillers de soie de la marque canadienne CILQUE que j’adore !

3 conseils beauté pour nos lectrices
1.Ne jamais aller au lit sans avoir démaquillé ou nettoyé son visage. Prioriser les textures laiteuses pour le nettoyage du visage plutôt que les formules moussantes qui assèchent inutilement et procurent une sensation de tiraillement après l’usage.

2.Dormir sur des taies d’oreiller de soie qui sont plus douces et qui préservent la beauté et la jeunesse du visage, celle de CILQUE sont mes favorites.

3.Puis finalement, appliquer les produits de soin avec les mains plutôt qu’avec des cotons. Quand on y réfléchit, le coton absorbe 50 % plus de produits que les mains et on en gaspille énormément en les jetant. C’est un beau geste économique et écologique.

À PROPOS DE BEAUTÉ UNIVERSELLE

crédit photo: Emilie Hebert photographe

Vous avez maintenant une gamme qui porte votre nom, qu’est-ce qui vous a motivé et inspiré à créer vos propres produits ?
C’est un rêve que je caressais depuis si longtemps, depuis toujours au fond. L’inspiration profonde me vient vraiment de mes clientes, de leurs besoins, de ce qu’elles me confient On peut créer bien des choses, mais la source de cette création doit provenir d’un désir qui existe et le meilleur moyen de le déceler est d’écouter celles à qui le produit se destine

« Je suis à la fois fier et touché de cet hommage et je remercie les juges de Nouvelles Esthétiques de m’avoir décerné ce prix. Mais, surtout, je suis ému que déjà plusieurs femmes m’aient fait confiance en utilisant Beauté Universelle. Ce rêve que je construis avec elles, jour après jour, me fait sentir très privilégié et je remercie toutes les femmes qui ont croisé ma route d’avoir été si inspirantes »

À quelle clientèle conviennent-ils ?
Beauté Universelle fut créé pour les femmes de 45 ans et plus, qui désirent une réponse jeunesse globale, simple et performante pour prendre soin de leur peau. Peu de produits, efficaces jour et nuit et naturels.
La philosophie
Mon sentiment profond est que le temps que les femmes accordent aux autres n’est jamais calculé. Celui qu’elles prennent pour elles-mêmes est toujours très limité. La ligne se devait d’être simple, agréable d’utilisation et extrêmement performante.
Les produits
7 produits sont actuellement disponibles à la revente et 2 produits peeling sont disponibles pour les esthéticiennes seulement. Je termine la création d’une eau de Cologne parfumée à la rose avec une maison de parfumerie à Grasse. Ce parfum devrait être lancé en quantité extrêmement limitée à temps pour les fêtes 2020.

Avez-vous rencontré un ou des défis lors de la création de la gamme ?
La pandémie ne fut certainement pas un facteur facilitant, mais aujourd’hui j’en vois les avantages. J’ai aussi pu prendre mon temps et créer la ligne dans un état plus zen et détendu que si j’avais été en cabine avec des clientes en même temps. Le plus grand défi était de ne pouvoir me rendre aux laboratoires pendant la période critique de la Covid. Tout se faisait par envois postaux et par vidéoconférence. Ce n’est pas l’idéal, car j’aime sentir l’énergie de mes collaborateurs dans leur environnement.

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felixfbeaute.com

Entrevue publiée dans le magazine Les Nouvelles Esthétiques Spa Canada – édition Novembre-Décembre LNE128