Huit choses à savoir sur les solaires

Avec l’été, les produits solaires font leur réapparition dans votre institut tout comme les clientes en recherche d'un bronzage éclatant et sans risques. C'est l'occasion pour vous de les informer sur les dernières nouveautés et sur les meilleurs choix à faire en matière de protection.

Huit choses à savoir sur les solaires

QUEL EST L’INDICE MINIMUM POUR UNE PROTECTION EFFICACE ?

Vos clientes sont souvent partagées entre un réel souci de protéger leur peau des effets nocifs des rayons solaires et leur envie d’obtenir un joli bronzage. Raison pour laquelle elles sont réticentes à acheter des indices élevés. À l’occasion de la nouvelle saison, n’hésitez pas à leur rappeler ce que signifie l’indice de protection d’une crème solaire, qui est noté IP, FSP ou SPF. Il mesure effectivement son pouvoir protecteur contre les coups de soleil en faisant le rapport de la dose d’ultra-violets reçus avec et sans protection.

Ces mesures sont réalisées grâce à des tests en laboratoire mais en appliquant des quantités de produit nettement plus importantes que dans la réalité, de l’ordre de 2 milligrammes par centimètre carré de peau. Cela équivaut à peu près au double de ce que l’on applique sur la plage ou au bord d’une piscine, sans oublier la répétition systématique des applications qui est faite en laboratoire, que l’on a parfois tendance à oublier dans la vraie vie.

Autant d’éléments qui permettent d’affirmer que pour une protection efficace, il faut cibler un indice 30 au minimum car dans la pratique, une crème dont l’indice de protection est inférieur à 30 ne protège pas suffisamment.

QUE DIRE À VOTRE CLIENTE QUI SOUHAITE UN ÉCRAN TOTAL ?

Aucune protection solaire ne peut offrir une protection totale contre les rayons ultraviolets du soleil. En un mot, l’écran total n’existe pas, en tout cas en matière de cosmétique.

Depuis 2007, les normes européennes interdisent d’ailleurs aux fabricants de cosmétiques d’utiliser le terme « écran total » et préconisent les mentions « faible », « moyenne », « haute » ou « très haute » protection. Le plus grand indice de crème solaire que l’on peut trouver
sur le marché est 50+, qui arrête 98 % des UVB, responsables des coups de soleil.

Qu’en est-il des UVA, dont on connaît aujourd’hui les dangers pour l’épiderme ? Les gammes solaires actuelles proposent une association de filtres anti UVA et UVB avec un ratio minimum de un à trois entre UVB et UVA. En clair, pour un indice 30 anti UVB, elles offrent une protection indice 10 contre les UVA. Certaines vont encore plus loin en renforçant leur capacité à bloquer les UVA. Il suffit de décrypter les informations délivrées sur les emballages pour en informer vos clientes.

LES FILTRES CHIMIQUES SONT-ILS  VRAIMENT NOCIFS ?

Les filtres de synthèse fonctionnent comme la mélanine, en absorbant une partie du rayonnement solaire. Mais le processus est évidemment beaucoup moins naturel. Exposées aux radiations ultra-violettes, les molécules qui entrent dans la composition de ces filtres subissent des transformations chimiques avant de revenir à leur état initial en dissipant l’énergie produite sous forme de radiations moins dangereuses pour la peau. Ce cycle n’est pas infini car ces composants finissent par se dégrader au bout de quelques heures, d’où l’importance de renouveler régulièrement l’application de crème pour assurer une protection continue. Les filtres chimiques sont largement utilisés car ils ont l’avantage d’être facilement solubles dans les textures cosmétiques, ce qui les rend agréables et faciles à appliquer.

Mais ils présentent également de nombreux inconvénients. Tout d’abord, les filtres chimiques pénètrent dans l’épiderme, pouvant provoquer des allergies et des irritations. Des recherches récentes ont par ailleurs pointé les risques sanitaires de certains composants des filtres de synthèse, soupçonnés notamment d’être des perturbateurs endocriniens. Il existe également des interrogations sur leurs effets potentiellement cancérigènes.

La parade si l’on souhaite une bonne protection sans les risques, ce sont les filtres 100 % minéraux aussi appelés filtres physiques ou inorganiques, qui contiennent des microparticules d’oxyde de zinc ou de titane. Contrairement aux filtres chimiques qui absorbent les rayons solaires, ces composés minéraux réfléchissent les UV et dans la mesure où ils sont inertes, ne créent à priori ni irritation, ni allergie.

Ils ont toutefois un gros inconvénient : ils alourdissent les textures cosmétiques et forment à l’application un film blanc peu esthétique.

À MÉDITER
«Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.»
– Albert Einstein

FAUT-IL CRAINDRE LES NANOPARTICULES ?

Une nanoparticule est une particule de la taille d’un nanomètre (pour information, 1 nanomètre correspond à 0.000001 millimètre). C’est cette taille microscopique qui rend les nanoparticules à la fois si attractives pour la cosmétique et si controversées en termes de santé.

On retrouve les nanoparticules dans un certain nombre de produits de beauté et de soins comme les rouges à lèvres, les crèmes hydratantes et surtout dans les produits solaires car cette technologie résout la problématique des filtres minéraux. On l’a vu précédemment, ils sont plus stables, moins allergisants que les filtres chimiques mais ils laissent des traces blanches peu esthétiques.

Transformer les filtres minéraux à l’échelle nanométrique leur assure une meilleure pénétration et les rend quasiment invisibles. Le revers de la médaille, c’est qu’on ne sait pas exactement quel est l’impact du dioxyde de titane et de l’oxyde de zinc lorsqu’ils sont sous forme de nanoparticules et qu’ils se faufilent dans l’épiderme.

Face à ces interrogations concernant les filtres et les nanoparticules, le bon conseil consiste à encourager malgré tout vos clientes à se protéger avec des soins solaires mais aussi et surtout à limiter leur exposition prolongée au soleil. Sans oublier l’effet protecteur des vêtements, des chapeaux et des lunettes de soleil qui contribuent largement à prévenir les coups de soleil et le vieillissement cutané.

LES SOLAIRES BIO SONT-ILS UNE BONNE ALTERNATIVE ?

Le cahier des charges des labels bio (Cosmébio, BDIH, Nature & Progrès…) a exclu un certain nombre de composants soupçonnés d’effets nocifs sur la santé. Les solaires portant ces labels sont formulés sans filtres chimiques, sans colorants, sans parfum de synthèse, sans parabens, en un mot sans les ingrédients qui sont employés dans les produits conventionnels.

Mais que contiennent-ils donc ? Essentiellement des filtres physiques sans nanoparticules, des conservateurs non toxiques, des huiles végétales et des huiles essentielles.

En utilisant un produit solaire bio, on limite donc les risques de toxicité mais attention, certaines huiles naturelles peuvent avoir des effets allergisants. Si votre cliente a une peau particulièrement réactive, ou des allergies récurrentes, l’avis d’un dermatologue peut s’avérer utile pour choisir le produit le mieux adapté.

LES SOLAIRES ONT-ILS UN IMPACT SUR L’ENVIRONNEMENT ?

Les scientifiques ont effectivement mis en évidence l’impact des substances chimiques présentes dans les crèmes solaires sur l’environnement. On les applique consciencieusement sur la peau mais les baignades, font qu’on les retrouve dans l’eau, d’où une pollution des fonds marins, avec un risque avéré pour la faune et la flore. Les filtres chimiques sont notamment très toxiques pour les algues qui nourrissent les coraux comme on a pu le constater dans des régions fortement développées sur le plan touristique. C’est une des raisons pour laquelle un certain nombre de substances, reconnues toxiques pour l’humain et l’environnement, ne sont plus autorisées à entrer dans la composition des filtres solaires.

LES SOLAIRES PEUVENT-ILS ÊTRE VRAIMENT HYPOALLERGÉNIQUES ?

Oui, il est possible de trouver des produits solaires hypoallergéniques, qui limitent les risques d’allergie sans les écarter totalement car le risque zéro n’existe pas. Les filtres sont encapsulés dans des sphères microscopiques, ce qui empêche les substances de pénétrer dans la peau et donc de provoquer des réactions cutanées. C’est le cas notamment pour les produits adaptés à la peau des enfants, nettement plus fine et démunie de barrière protectrice.

EST-CE QUE CELA VAUT LA PEINE DE CHOISIR UNE FORMULE RÉSISTANT À L’EAU ?

Si votre cliente passe ses vacances en bord de mer, possède une piscine ou pratique des sports aquatiques, ce type de produit a toute son utilité. Mais là encore, il faut savoir décrypter les mentions inscrites. Une formule « waterproof » résiste particulièrement bien aux baignades et garde une haute capacité de filtration (environ 70 %) après trois à quatre immersions de plusieurs minutes. Une version « résistant à l’eau » s’élimine au bout de deux bains seulement. En revanche, il ne faut surtout pas imaginer que ces textures protègent la peau du matin au soir ! Comme pour les autres solaires, les filtres perdent leur capacité protectrice au bout de quelques heures et il est indispensable d’en renouveler régulièrement l’application.