Prévenez tous les risques !

En plus de nuire à la santé de vos esthéticiennes, les problèmes de santé liés au travail sont sources de nuisances pour le fonctionnement de l'entreprise : baisse du chiffre d'affaires due aux prestations non assurées, surcoûts de gestion administrative, difficultés de recrutement... La directrice de l’institut doit mettre la prévention des risques en avant, autant que la réussite des objectifs de vente. Pour cela, nous vous proposons 10 conseils à suivre au sein de votre entreprise.

par Adrien Guérin, enseignant, formateur

 

1. VEILLEZ À AVOIR UNE INTENSITÉ LUMINEUSE SUFFISANTE

Souvent oubliées, mais importantes, les conditions
d’éclairage des postes de travail doivent être optimisées afin de ne pas nuire aux facultés visuelles des de vos esthéticiennes. Les tâches nécessitant une attention visuelle importante doivent se faire sous la lumière de lampes puissantes. Sinon, vos esthéticiennes risquent une fatigue oculaire pouvant entraîner des troubles de la vue, des picotements des yeux, des maux de tête.

2. PENSEZ L’ORGANISATION DES ESPACES

Une installation optimale de l’institut peut éviter de nombreux problèmes physiques. Il faut que les pièces soient suffisamment grandes pour se déplacer facilement autour des postes de travail. Ceci évitera aux esthéticiennes de prendre des mauvaises postures. Lors du choix des plans de l’institut, il faut également réfléchir à l’ensemble des tâches à réaliser au cours d’une journée. Il faudra que la réserve soit le plus proche possible de l’espace de vente. La réserve devra également comporter un accès facile pour les livraisons. La cabine qui sera le moins utilisée ou pour laquelle les soins sont les plus longs (la cabine soins duo par exemple) pourra être la plus éloignée de l’espace d’accueil. Si possible, les escaliers sont à proscrire. Et si le travail doit malgré tout s’effectuer sur plusieurs étages, les escaliers doivent être assez larges, bien éclairés et les marches recouvertes d’un revêtement anti-dérapant.

3. AVOIR UNE AÉRATION SUFFISANTE

L’air d’un institut peut être rapidement pollué par les émanations des solvants utilisés, les particules des différents aérosols employés, la dispersion de composés organiques volatiles présents dans les produits ménagers ou bien les microbes de la toux des clientes. Ainsi, il faut que l’air de l’institut soit renouvelé régulièrement afin d’éviter d’éventuels troubles respiratoires (rhinite, asthme…). Pour cela, le plus simple est de renouveler régulièrement l’air de tout l’institut en ouvrant les fenêtres et les portes au moins un quart d’heure par jour. Cependant, la plupart des centres sont équipés d’échangeur d’aire centralisé. Mais pour être efficace, cette dernière doit être régulièrement entretenue, les bouches d’aération doivent être propres.
Les produits les plus agressifs pour les voies respiratoires sont utilisés lors des soins pour les ongles. Ainsi, idéalement, le bar à ongle doit être muni d’une hotte aspirante.

4. UTILISEZ DU MATÉRIEL ERGONOMIQUE

Les troubles musculo-squeletiques sont des affections fréquentes chez les esthéticiennes (maux de dos, tendinites). Ils peuvent être limités en choisissant du matériel ergonomique. Par exemple, les lits de soin doivent obligatoirement être réglables en hauteur afin de s’adapter à la taille de la praticienne. Cette dernière doit pouvoir travailler aussi souvent que possible en position assise en utilisant des tabourets également réglables en hauteur. Le matériel employé, tenu à bout de bras, doit être le plus léger possible (têtes mécaniques des appareils, pulvérisateurs …) afin de limiter les tensions articulaires. Et pour faciliter le déplacement des appareils lourds ou volumineux, ils doivent être munis de roulettes ou bien fixés sur des meubles mobiles (de type servante). Il convient aussi de mettre l’accent sur un dernier outil très accidentogène : l’escabeau. Il s’agit d’un matériel qui est très largement utilisé en magasin notamment et dont l’achat doit être réfléchi (quand bien même il y en a un dans l’entreprise car à défaut c’est souvent une chaise ou un tabouret qui sont utilisés !). L’escabeau doit être muni de marches anti-dérapantes et d’un garde corps. Equipé de roulettes à frein il sera plus facilement déplaçable.

5. L’AGENCEMENT SERA PRATIQUE

Les placards renfermant le matériel utilisé quotidiennement doivent être placés à une bonne hauteur : ni trop haut (pour éviter le risque de chute d’objets), ni trop bas (pour que vos collaboratrices n’aient à se courber). Ainsi, il faut éviter tant que possible de ranger trop de matériel dans les meubles bas, du style buffet, et donc préférer les petites armoires.

6. ALTERNEZ TANT QUE POSSIBLE LES TACHES CONFIÉES À VOS ESTHÉTICIENNES

Le métier d’esthéticienne reste un métier physique. Ainsi, afin de limiter les problèmes physiques dus à la répétition des tâches (essentiellement les tendinites) ou à la station debout prolongée (stase veineuse, varices), il faut tant que possible alterner les activités. Ainsi, lors de la réalisation des planifications hebdomadaires, vous devrez veiller à proposer des soins différents à vos collaboratrices. Mais pour cela, il faut inciter à la polyvalence des esthéticiennes. De plus, après les tâches les plus physiques, des petits temps de pause (de 5 minutes par exemple) devront être planifiés. Durant ces moments, les esthéticiennes pourront s’étirer ou réellement marcher. L’alternance des tâches permettra également de limiter le stress et la démotivation de vos esthéticiennes en évitant la routine.

7. UTILISEZ LES BONS PRODUITS

Au cours d’une journée de travail, la peau des mains de l’esthéticienne est en contact prolongé avec de nombreux produits cosmétiques lors de la réalisation des soins et des modelages. Ces produits contiennent des éléments allergènes tels que les parfums, les conservateurs (le formaldéhyde et ses dérivés, les isothiazolinones, les parabènes) ou les résines pour les ongles artificiels (contenant des acrylates et méthylacrylates). Plusieurs autres produits sont également des irritants cutanés : les détergents, les solvants, les désinfectants et les antiseptiques. Et le travail en milieu humide, qui fragilise la barrière cutanée, est souvent un facteur aggravant. Ces conditions entraînent fréquemment des irritations, des dermatites de contact, de l’urticaire. Afin d’éviter ces problèmes, vous devez être vigilante aux signes d’allergie chez vos esthéticiennes. En cas de début de problème, il convient de mener une enquête afin d’identifier les produits incriminés et les produits écartés (au moins pour la personne concernée). Les produits jugés trop agressifs doivent être remplacés par des produits plus neutres (produits hypoallergéniques ou naturels).

8. LIMITEZ LES RISQUES DE BLESSURES

Pour le bien de tous, vos esthéticiennes doivent veiller à la sécurité lors de chacune de leurs tâches. Par exemple, elles doivent avoir en tête le risque de chute ou de glissade. Il faut donc qu’elles rangent convenablement leur matériel, qu’elles préviennent lorsqu’elles lavent les sols ou en cas de souillures ce qui les rendent glissants. Le risque de brûlure est également important en esthétique. Les praticiennes doivent l’avoir sans cesse en tête même après avoir répété pendant des années les mêmes gestes.

9. PENSEZ AU RISQUE BIOLOGIQUE

L’esthéticienne travaille en lien étroit avec des corps et est donc exposée à un risque de contamination biologique. Ainsi, elle peut être sujette à des problèmes cutanés (verrues, mycoses) ou sanguins (hépatites, voire Sida). La meilleure précaution est alors de ne pas pratiquer sur les peaux lésées ou présentant des anomalies dermatologiques. Le respect des règles d’hygiène permettra également de limiter ce risque de contamination. Pour cela, les esthéticiennes doivent se laver régulièrement les mains avec des produits désinfectants et porter des gants de latex si elles estiment que la situation le nécessite.

10. REMETTEZ EN QUESTION SANS CESSE CES PRATIQUES

Continuellement, vous devez améliorer les manières de travailler pour toujours limiter le risque de blessures ou de maladies. Pour cela, il faut vous informer, vous renseigner et avoir un oeil neuf et critique le plus souvent possible. Car « ce n’est pas parce qu’il n’y a jamais eu de problème qu’il ne peut pas y en avoir ». Ainsi, toutes les techniques peuvent être améliorées, les matériels peuvent être renouvelés par des appareils plus sécurisants… Et il faut sans cesse sensibiliser et former vos esthéticiennes à ce sujet : les gestes routiniers, ceux auxquels on ne prête plus attention étant bien souvent à l’origine des accidents.